
Face à la restriction des libertés, le président du parti Al Takhadoum ancien allié du pouvoir, assume la rupture avec le pouvoir et défend la Coalition pour la Sauvegarde de la Démocratie au Tchad (COSADT). comme une opposition de fond, déterminée à rouvrir l’espace démocratique au Tchad.
Alors que le Tchad traverse une période de forte crispation politique, une nouvelle coalition d’opposition vient de voir le jour : la Coalition pour la Sauvegarde de la Démocratie au Tchad (COSADT). Regroupant sept partis politiques, dont Al Takhadoum, cette alliance entend relancer le combat pour la démocratie, les libertés publiques et la transparence électorale.
Dans cet entretien accordé à Gazelle Presse, Seffadine Mahamat Adoum, président du parti Al Takhadoum, revient sur les raisons de la rupture avec le pouvoir, les ambitions de la COSADT et répond aux critiques sur son parcours politique.
Entretien réalisé par Sakhaïroune Ousmane Kikigne, journaliste à Gazelle Presse.
Quelles lignes rouges ont poussé Al Takhadoum à rompre avec le pouvoir ?
Seffadine Mahamat Adoum :
Après la transition, la démocratie tchadienne a pris un sérieux coup. La restriction progressive des libertés publiques et ce que nous qualifions de hold-up électoral lors de la présidentielle de 2024 constituent des lignes rouges. Ces dérives ont conduit Al Takhadoum, aux côtés de six autres partis, à fonder la COSADT.
Au-delà des dénonciations, quelles actions concrètes envisage la COSADT ?
La COSADT ne se limitera pas à la dénonciation. Nous comptons sensibiliser les citoyens afin qu’ils connaissent et défendent leurs droits et libertés. Cette coalition se veut également une force de propositions, capable de contribuer à la réouverture de l’espace démocratique et au respect des principes fondamentaux de l’État de droit.
Comment convaincre une opinion publique méfiante envers la classe politique ?
Nous sommes des acteurs politiques et avons l’obligation morale de défendre la dignité du peuple tchadien. Les critiques et la méfiance existent, surtout lorsqu’on se positionne dans l’opposition. L’essentiel est de rester cohérent et d’atteindre notre objectif : une démocratie sincère et des libertés fondamentales non bafouées. Le peuple jugera nos actes et, j’en suis convaincu, accordera sa confiance à la COSADT.
Vous avez soutenu Mahamat Idriss Déby Itno en 2024. Pourquoi ce changement de position ?
Avant ce soutien, nous faisions partie des trois partis signataires de l’accord de principe de la CEEAC à N’Djamena. Nous avions rencontré le président de la République le 25 octobre 2023, mais aucun engagement du gouvernement n’a été respecté. En soutenant le candidat de la coalition pour un Tchad uni, nous avions sincèrement cru au changement. Cependant, la restriction de l’espace des libertés et le hold-up électoral des élections couplées de 2024 nous ont fait comprendre que le président est aujourd’hui pris en otage par le MPS.
Que répondez-vous à ceux qui parlent d’une opposition de façade ?
Ces accusations viennent des sbires du régime et de certains perturbateurs. La COSADT est une coalition responsable, fondée sur des valeurs claires : la démocratie participative, la justice sociale et la liberté pour tous. Nous sommes une opposition réelle au régime en place. Une opposition qui ne se contente pas de dénoncer, mais qui propose des solutions pour le bien-être de tous les Tchadiens. Aujourd’hui, le pays vit sous une dictature maquillée en démocratie, et il est du devoir de tout leader responsable de dénoncer cette dérive.
