En voulant rendre hommage aux officiers récemment élevés au grade de général, le sénateur et ancien porte-parole du gouvernement, Abderaman Koulamallah, a plutôt déclenché une vive controverse sur les réseaux sociaux.

Dans une longue publication, il défend les nouveaux promus, affirmant que leurs galons ont été acquis « dans l’épreuve, le courage et le sang versé pour la patrie », et soutient que les combats menés sur le terrain constituent une école militaire à part entière.

Mais ce plaidoyer est loin de faire l’unanimité.

Pour de nombreux internautes, le véritable débat ne porte pas sur les sacrifices consentis par les militaires, mais sur les critères d’élévation au grade de général. Une partie de l’opinion publique tchadienne estime que ces promotions sont souvent perçues comme étant davantage le fruit de la proximité avec le pouvoir que d’une reconnaissance fondée exclusivement sur le mérite.

À l’appui de leurs critiques, plusieurs internautes rappellent que des officiers ayant passé l’essentiel de leur carrière sous les drapeaux demeurent colonels après plusieurs décennies de service. À l’inverse, d’autres, engagés dans l’armée depuis seulement dix à quinze ans, ont déjà accédé au grade de général, alimentant ainsi les interrogations sur l’équité des promotions.

Pour ces voix critiques, personne ne remet systématiquement en cause le courage ou l’engagement des officiers promus. En revanche, elles réclament davantage de transparence sur les critères ayant conduit à ces nominations, estimant qu’une armée forte repose aussi sur une gestion des carrières perçue comme juste et équitable.

Le texte d’Abderaman Koulamallah, présenté comme un hommage aux nouveaux généraux, aura finalement eu pour effet de relancer un débat sensible sur le mérite, l’ancienneté et les critères d’accès aux plus hauts grades de l’armée tchadienne.

Sakhaïroune Ousmane Kikigne

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