Le président du Groupe de réflexion sur l’avenir et la construction du Tchad (GRAC-TCHAD), Ahmat Haroun Larry, a lancé un appel solennel en faveur de l’évacuation sanitaire de Kaoudé Israël, dont l’état de santé est jugé très préoccupant.

Dans une déclaration à caractère humanitaire, l’acteur de la société civile affirme que, malgré son hospitalisation à l’Hôpital de la Renaissance de N’Djamena et les soins qui lui sont prodigués, l’état de santé de Kaoudé Israël ne connaît « aucune amélioration ».

S’adressant directement au président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, Ahmat Haroun Larry demande qu’une évacuation sanitaire d’urgence soit autorisée afin que l’ancien haut responsable puisse bénéficier d’une prise en charge spécialisée à l’étranger.

« Notre demande est avant tout humanitaire. Nous sollicitons uniquement son évacuation sanitaire d’urgence afin qu’il reçoive les soins que son état exige. Sauver une vie est un acte de grandeur et d’humanité », plaide-t-il.

Dans son message, le président du GRAC-TCHAD rappelle également que Kaoudé Israël aurait, selon lui, fait preuve de « loyauté, d’honnêteté et d’engagement » en accompagnant la politique sociale du chef de l’État durant la Transition et après celle-ci.

Qui est Kaoudé Israël ?

Kaoudé Israël est un ancien directeur général de la Solidarité nationale au ministère tchadien de l’Action sociale. Il a exercé ses fonctions aux côtés de l’ancienne ministre Fatimé Boukar Kossei.

Son nom a été cité dans l’affaire dite du détournement de vivres destinés aux populations vulnérables, un dossier qui a marqué l’actualité judiciaire au Tchad.

Les raisons de sa condamnation

Le 14 mai 2026, la Cour d’appel de N’Djamena a condamné Kaoudé Israël, ainsi que l’ex-ministre Fatimé Boukar Kossei et l’ancien secrétaire général du ministère, Mahamat Abdelkerim Bagari, à 10 ans de prison ferme.

La justice les a reconnus coupables de détournement de vivres et de biens publics destinés aux populations vulnérables. Outre la peine de prison, les condamnés ont écopé d’une amende d’un million de francs CFA chacun et ont été condamnés à rembourser plus de 11 milliards de francs CFA, correspondant, selon la Cour, à la valeur des vivres détournés.

Toutefois, les avocats de Kaoudé Israël contestent fermement cette décision. Ils soutiennent que les éléments constitutifs du détournement n’ont pas été suffisamment établis et ont introduit un pourvoi en cassation devant la Cour suprême, estimant que leurs clients n’ont pas bénéficié d’un procès équitable.

En dépit de cette condamnation, Ahmat Haroun Larry estime que les considérations judiciaires ne doivent pas faire obstacle au droit aux soins. Son appel insiste sur le caractère exclusivement humanitaire de la demande d’évacuation sanitaire, invitant les autorités à privilégier « la compassion et le sens de l’État » afin de préserver une vie humaine.

Kissia Dani

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