Le 14 août 2026, le Président Mahamat Idriss Déby Itno a accordé la grâce présidentielle à neuf leaders de l’opposition. Une décision que la Coalition pour Sauver la Démocratie au Tchad (COSADT) qualifie de « pas important vers la décrispation politique ». Dans une déclaration solennelle, son coordonnateur, Izadine Ahmat Tidjani, a tenu à distinguer cette mesure : « Ce n’est pas une faiblesse, c’est un acte de grandeur et de souveraineté. C’est le Tchad qui gagne. »
Si la COSADT se réjouit, elle met en garde contre toute interprétation restrictive. M. Tidjani insiste : « Nous exigeons que cette grâce soit respectée dans son esprit comme dans sa lettre, sans entrave aux droits civiques des bénéficiaires. » Pour lui, l’apaisement ne se décrète pas : « Il se construit autour d’une table où tout le monde aura une place. »
La coalition pose trois exigences claires au gouvernement : l’ouverture d’un dialogue politique inclusif et sincère, un calendrier de désescalade des tensions, et la protection des libertés publiques. Citant le Président (« L’opposant n’est pas un ennemi »), Izadine Ahmat Tidjani prévient : « Ne gâchons pas ce pas avec un dialogue à géométrie variable. Un dialogue à moitié n’est pas un dialogue. »
Par ailleurs, la COSADT réclame le renforcement immédiat de l’Agence Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC) : indépendance budgétaire, prérogatives d’enquête élargies, protection des lanceurs d’alerte et reddition de comptes publique. « La lutte contre la corruption doit être visible et impartiale, non un outil de persécution politique », souligne le coordonnateur.
Concluant, Izadine Ahmat Tidjani réaffirme la disponibilité de la coalition à participer à toute initiative constructive pour un État juste et transparent. « Vive le Tchad, vive le peuple libre », a-t-il lancé, appelant le pouvoir à « être à la hauteur de l’histoire ».
Issaka Abdoulaye Ben, stagiaire
