Un an après son incarcération, l’ancienne ministre tchadienne Fatimé Boukar Kossei partage les leçons de la détention, ses épreuves familiales et son attachement à la dignité humaine, tout en appelant ses compatriotes à la solidarité.
Dans une lettre adressée à ses proches et à ses compatriotes à l’occasion de son anniversaire, Fatimé Boukar Kossei revient sur une année marquée par la solitude, les controverses judiciaires et la maladie de sa mère.
« La prison est une école sans tableau noir. Dans la solitude et l’attente, on découvre le poids des paroles, la valeur des actes et la véritable solidité des liens humains », écrit-elle, évoquant les changements survenus dans son entourage.
L’ancienne ministre confie également sa douleur face au coma prolongé de sa mère, qu’elle n’a pas pu accompagner. « Il est difficile d’accepter de ne pas pouvoir tenir la main de celle qui nous a tant de fois rassurés, lui parler ou simplement rester auprès d’elle », souligne-t-elle.
Visée par des accusations de détournement de vivres, elle conteste les interrogations soulevées par cette affaire et affirme s’en remettre à la justice. « Je veux traverser cette épreuve sans laisser l’amertume définir ce que je suis », insiste-t-elle, refusant de laisser la souffrance altérer sa dignité.
Son message se termine par un appel à la fraternité : « Continuez à vivre. Aimez vos proches, soutenez ceux qui traversent des moments difficiles et ne détournez pas le regard devant la souffrance. »
Pour rappel, arrêtée le 27 octobre 2025 dans une affaire portant sur la gestion de vivres destinés aux populations vulnérables, Fatimé Boukar Kossei a été condamnée, le 14 mai 2026, à dix ans de prison ferme et au remboursement solidaire de plus de 11 milliards de FCFA. Sa défense, qui conteste les preuves retenues contre elle, a annoncé le 4 juin un pourvoi en cassation devant la Cour suprême.
