
Le gouvernement burkinabè a adopté un décret modifiant la répartition du capital social de la « Société de Fabrique et de Pose de Rails » (Faso Rails). Initialement créée en août 2024, cette société d’économie mixte a pour objectif de développer un réseau ferroviaire national reliant les chefs-lieux de province, conformément à la vision du président du Faso.
Le décret en question ramène la participation de la Société Ouest Africaine de Fonderie (SOAF) de 25 % à seulement 5 % du capital social. Désormais, l’État burkinabè et ses démembrements détiennent 95 % de Faso Rails, dont le capital social est fixé à 10 milliards de F CFA.
La création de Faso Rails, dont le siège est à Bobo-Dioulasso, avait été annoncée avec un coût de réalisation estimé à environ 70 milliards de F CFA et une mise en œuvre prévue sur 18 mois. À l’origine, l’État détenait 75 % du capital, tandis que le secteur privé burkinabè participait à hauteur de 25 %.
Cette révision marque une reprise en main quasi totale de Faso Rails par la puissance publique. Il ne s’agit pas seulement d’un ajustement capitalistique, mais d’une décision stratégique visant à sécuriser le pilotage d’un outil jugé central pour la relance et l’extension du réseau ferroviaire national.
La création de Faso Rails s’inscrit pleinement dans la volonté gouvernementale de développer des infrastructures ferroviaires solides, capables de renforcer la connectivité et le développement économique du Burkina Faso.
En septembre 2025, lors d’une visite chez le ministre des Infrastructures, le Directeur général de Faso Rails, Edouard Kaboré a affirmé que la société projette la mise en place d’un complexe industriel intégré comprenant une usine de production de rails de 60 kg, une unité de fabrication de boulets et un atelier d’assemblage de wagons.
Le ministre Adama Luc Sorgho avait aussi évoqué des projets structurants de son département, notamment les études en cours pour de nouvelles lignes ferroviaires vers les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et le Ghana, ainsi que la réhabilitation du tronçon Ouagadougou–Bobo-Dioulasso–frontière de la Côte d’Ivoire.
Autant d’initiatives qui visent à faire du rail un levier durable du développement économique et social du Burkina.
Avec libreinfo
