
La réaction du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno condamnant l’attaque de Téhéran par une coalition américano-israélienne continue de susciter de vives réactions. Parmi les voix les plus critiques figure Ahmat Haroun Larry, président du Groupe de réflexion sur l’avenir et la construction du Tchad (GRAC-TCHAD).
Dans une prise de position ferme, le leader de la société civile déplore ce qu’il qualifie de dérive communicationnelle au sommet de l’État. « Dans un État sérieux, la communication officielle ne peut être ni multiple, ni improvisée, ni personnalisée », affirme-t-il, estimant que la multiplication des prises de parole fragilise la crédibilité nationale.
Ahmat Haroun Larry juge particulièrement préoccupante la diffusion de positions diplomatiques sur la page Facebook du chef de l’État. Selon lui, « cette diplomatie de réseaux sociaux, souvent incontrôlée et parfois irréfléchie, expose dangereusement le pays à des crises diplomatiques inutiles ».
Le président du GRAC-TCHAD rappelle que la communication gouvernementale relève, en principe, du porte-parole du gouvernement et que les questions internationales devraient être assumées par le ministère des Affaires étrangères. Il insiste : « Gouverner, ce n’est pas tweeter. Diriger un État, ce n’est pas réagir à chaud. »
Kissia Dani
