
Lors du récent Salon de l’élevage du Tchad, le ministre de l’Elevage et des Productions animales, le professeur Awat Ateib, a annoncé que le pays compte 11 391 044 têtes de chameaux, un chiffre qui place le Tchad au premier rang mondial en matière d’élevage de dromadaires. Une performance souvent mise en avant par les autorités comme un motif de fierté nationale.
Cette position de leader ne se reflète pas dans le quotidien des populations. Pour l’entrepreneur Youssouf Mamari, passionné de l’agriculture et de l’élevage, cette richesse reste largement théorique. « On nous présente comme le premier pays en matière d’élevage de dromadaires, avec 10 ou 11 millions de têtes. Pourtant, il est impossible d’acheter de la viande grillée à 500 FCFA. Les Tchadiens ne tirent aucun bénéfice réel de cette richesse », déplore-t-il.
Selon lui, le problème réside dans l’absence d’un accompagnement sérieux de l’État et d’une véritable industrialisation du secteur. Sans unités de transformation, infrastructures modernes et politiques de soutien adaptées aux éleveurs, le potentiel camelin du Tchad restera un simple slogan.
Mamari appelle ainsi à une réforme profonde de la filière afin que ce leadership mondial se traduise enfin par des retombées économiques concrètes pour les tchadiens.
Sakhaïroune Ousmane Kikigne
