
Les doctorants en archéologie à l’université de N’Djamena ont organisé une conférence-débat sous thème « l’archéologie, une carrière d’avenir pour les étudiants tchadiens » au campus de Toukra dans le 9e arrondissement de la cité capitale. La conférence s’est imposée comme un moment d’une intensité scientifique remarquable et d’un enrichissement intellectuel profond.
Enseignants et étudiants ont brillé par leur présence dans une messe intellectuelle et scientifique dans l’amphi liège. Le panel est composé de trois intervenants et un modérateur.
Mbaïhondoum Pierrot a déclaré que l’archéologue ne se contente pas de regarder les outils mais il les observe, les classe, les compare ensuite les interprètes afin de savoir comment vivaient les populations qui ont vécu à travers ses outils. « L’archéologie est fondamentalement basée sur l’inter- disciplinarité parce qu’elle fait appel à d’autres sciences », a-t-il affirmé. Il a également cité les différentes branches de l’archéologie parmi lesquelles l’archéologie préhistorique, protohistorique, historique et contemporaine.
Mariam Issa Nassour quant à elle relève que l’archéologie n’est ni un luxe, ni une discipline marginale réservée à quelques spécialistes, c’est une science utile, concrète, profondément liée aux réalités du présent. Elle intervient là où se construisent les routes, les villes, les barrages, les projets énergétiques, là où se pose la question de la mémoire, de l’identité et du développement durable, a t’elle laissé entendre.
Selon Mme Milamem Ngaandanbé Sephora, «Choisir l’archéologie c’est choisir une discipline moderne qui ne regarde pas seulement vers le passé mais qui construit l’avenir». Car l’archéologie permet à une nation de se construire, raconte une histoire plurielle, permettant de valoriser les traditions et les techniques anciennes notamment la métallurgie du fer. Sur le plan économique, l’archéologie génère des emplois directs et indirects dont le domaine artisanal, touristique. Selon elle, au niveau diplomatique, dans des nombreux pays d’Afrique, elle devient un outil diplomatique discret mais efficace.
Les discussions ont mis en lumière le rôle fondamental de l’archéologie dans la compréhension des dynamiques du passé, l’éclairage du présent et, surtout, dans la valorisation du patrimoine culturel tchadien, pilier essentiel de l’identité nationale. Cette discipline s’est ainsi révélée non seulement comme un champ de recherche scientifique, mais également comme un levier stratégique de développement culturel, éducatif et socio-économique.

Gazelle Presse
