
Alors que le mois de décembre est réputé pour sa fraîcheur, N’Djamena, la capitale tchadienne, enregistre cette année une chaleur inhabituelle qui perturbe le quotidien des habitants. Cet épisode, qui dénote avec les normes saisonnières, s’inscrit dans une tendance observée à l’échelle du continent africain.
Des études récentes menées par des chercheurs internationaux montrent que les vagues de chaleur extrême en Afrique parfois bien au‑delà des normales saisonnières deviennent plus fréquentes et plus intenses, sous l’effet du réchauffement climatique d’origine humaine. Selon une analyse du réseau scientifique World Weather Attribution (WWA), des épisodes de chaleur exceptionnels, comme ceux observés au Sahel en avril dernier, « n’auraient pas pu se produire sans un réchauffement global de 1,2 °C lié aux activités humaines ».
Dans ce contexte, des climatologues africains et internationaux tirent la sonnette d’alarme. Kiswendsida Guigma, expert du Red Cross Red Crescent Climate Centre au Burkina Faso, a souligné que « pour certains, une vague de chaleur de 1,4 °C ou 1,5 °C plus chaude en raison du changement climatique peut ne pas sembler importante, mais cette chaleur supplémentaire peut faire la différence entre la vie et la mort ».
De plus, des chercheurs universitaires ont constaté que les vagues de chaleur en Afrique sont aujourd’hui plus longues et plus intenses qu’il y a quarante ans, en lien avec l’augmentation des gaz à effet de serre.
Pour les climatologues, cette chaleur inhabituelle en période de fraîcheur saisonnière n’est donc pas un accident isolé, elle est le fruit d’un phénomène global de dérèglement climatique, qui modifie les saisons et les extrêmes thermiques partout sur le continent. Dans un climat devenu plus chaud et instable, des températures élevées, même en décembre, sont appelées à se multiplier, avec des conséquences significatives pour la santé, l’agriculture et la vie quotidienne des populations
Sakhaïroune Ousmane Kikigne
