Photo credit : IA illustration.


À Pala, la question du bitumage de la route Kélo-Pala fait aujourd’hui débat au cœur de la province du Mayo-Kebbi Ouest. Si pour certains habitants, ce projet représente un véritable espoir de développement et de désenclavement, pour d’autres, il cristallise inquiétudes et scepticisme, fruit de longues années de promesses non tenues.


Le 2 janvier dernier, le délégué général du gouvernement auprès de la province, Abdelmanane Khatab, a convoqué le directeur de Sogea-Satom, entreprise en charge des travaux, pour clarifier l’avancée du chantier. Longtemps resté au point mort, ce projet stratégique de 109 km de route, avec ses 9 km de voiries à deux fois deux voies, deux ouvrages d’art et 38 ouvrages hydrauliques, est censé relier le Tchad au Cameroun, ouvrant ainsi un couloir économique majeur pour la région.


Pour les commerçants et agriculteurs de Pala, cette route est un souffle de vitalité. Mais d’autres restent prudents. « Combien de fois avons-nous entendu des promesses qui n’ont jamais été respectées ? », soupire un internaute.


Le gouvernement a fixé un délai contractuel de 20 mois, avec l’obligation pour Sogea-Satom de démarrer les travaux de Pala vers Kélo. Ce chantier, au-delà de sa dimension technique, révèle les tensions entre attentes locales et réalités bureaucratiques, entre espoirs de développement et mémoire de projets restés inachevés.


Dans cette province longtemps aux oubliettes malgré son apport à l’économie, chaque route compte pour relier villages et marchés, le bitumage de Kélo-Pala est plus qu’une infrastructure, il est le symbole d’une promesse à tenir. Reste à savoir si cette fois-ci, la route mènera vraiment vers le progrès attendu.

Sakhaïroune Ousmane Kikigne

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