La dépigmentation, encore appelée éclaircissement de la peau, continue de se répandre en Afrique malgré les alertes répétées des professionnels de santé. Derrière ce phénomène alimenté par des standards esthétiques valorisant la peau claire, se cachent des risques sanitaires majeurs souvent méconnus.
Au-delà des lésions cutanées, les produits dépigmentants fragilisent profondément l’organisme. Chargés de corticoïdes puissants ou d’agents toxiques interdits, ils favorisent l’absorption de substances nocives dans le corps. Plusieurs travaux scientifiques montrent un lien alarmant entre l’usage prolongé de ces produits et des dérèglements métaboliques pouvant conduire au diabète.
Une étude menée entre février et août 2020 dans quatre hôpitaux de Yaoundé révèle que 43,3 % des femmes ayant recours à la dépigmentation présentaient une hyperglycémie, contre 27,3 % chez celles n’utilisant aucun produit éclaircissant. Des chiffres qui illustrent clairement l’impact métabolique de cette pratique.
Face à l’augmentation des cas de diabète sur le continent, les spécialistes appellent à une prise de conscience urgente. Ils invitent à bannir l’usage de produits éclaircissants et à renforcer la sensibilisation sur les dangers qu’ils représentent, alors que s’ajoutent déjà d’autres facteurs de risque comme l’hérédité, l’alimentation ou la sédentarité.
