L’Assemblée nationale du Sénégal a voté, vendredi 27 février, la mise en accusation de l’ancien ministre de la Communication, Moussa Bocar Thiam, pour détournement présumé de fonds publics et blanchiment. Le vote a été massif : 104 députés pour, 9 contre et 3 abstentions, ouvrant la voie à sa comparution devant la Haute Cour de Justice, seule juridiction compétente pour juger les anciens ministres pour des faits liés à leurs fonctions.

Les accusations portent sur des anomalies dans la concession du Parc des technologies numériques du Sénégal, attribuée en mars 2024 à la société Ewan Assets. Selon le rapport parlementaire, une partie des fonds aurait été détournée pour des travaux liés à une visite présidentielle, tandis que certaines infrastructures facturées n’auraient jamais été réalisées. Le montant en cause s’élève à près de 1,5 milliard de francs CFA.

Installé à Dubaï depuis le changement de pouvoir, Moussa Bocar Thiam dénonce une « cabale politique » et conteste la compétence de l’Assemblée à le traduire devant la Cour. Il annonce son retour au Sénégal pour se défendre. Cette procédure s’inscrit dans une série de poursuites visant d’anciens ministres du régime précédent et illustre la tension entre justice et enjeux politiques dans le pays.

Kissia Dani

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