Depuis son entrée dans les institutions, Takilal Ndolassem semble avoir conservé certains réflexes de son passé militant. Aujourd’hui député, l’ancien activiste de la diaspora continue d’occuper l’espace public par des prises de parole directes, des vidéos sur les réseaux sociaux et des descentes sur le terrain.

Ces derniers temps, l’élu s’est particulièrement illustré sur la question foncière. À travers plusieurs sorties publiques, il dénonce ce qu’il qualifie d’« spoliation » des terrains de certains citoyens tchadiens, accusant des personnes disposant d’une influence sociale, politique ou économique de profiter de leur position pour priver des populations de leurs biens. Lors de ses déplacements sur le terrain, il interpelle les autorités et met en lumière des situations qu’il juge injustes.

Une démarche qui rappelle davantage celle d’un activiste de la société civile que celle d’un parlementaire traditionnel. Caméra à la main, publication après publication, Takilal Ndolassem utilise les réseaux sociaux comme une tribune pour porter les revendications des citoyens.

De la diaspora contestataire aux bancs de l’Assemblée nationale

Avant son retour au Tchad, Takilal Ndolassem était connu pour son engagement depuis la France, où il faisait partie des voix critiques contre la gestion du régime d’Idriss Déby Itno. Ses interventions publiques et ses positions politiques l’avaient placé parmi les figures visibles de la contestation tchadienne à l’étranger.

Après la disparition d’Idriss Déby Itno en avril 2021, il a choisi de répondre favorablement à la main tendue de Mahamat Idriss Déby Itno et de rentrer au pays. Son retour s’inscrit dans le contexte d’ouverture politique annoncé par les autorités de transition à l’époque.

Il revient avec un mouvement « politico-militaire » qui évoluera ensuite en parti, le Front populaire pour la libération (FPL), et rejoint la coalition favorable au pouvoir actuel. Il devient membre du conseil national de transition et par la suite député de la IVe législature.

Un nouveau rôle, mais un ancien style de combat

Aujourd’hui, Takilal Ndolassem semble chercher un équilibre entre son statut institutionnel et son ancienne identité militante. Ses partisans voient dans cette attitude celle d’un élu proche du peuple, capable de dénoncer les abus et de se rendre directement auprès des populations concernées.

Ses critiques estiment cependant que cette communication entretient une ambiguïté entre le rôle d’un parlementaire chargé de légiférer et celui d’un activiste chargé d’alerter l’opinion.

Quoi qu’il en soit, son parcours illustre une trajectoire politique particulière, celle d’un ancien opposant de la diaspora devenu acteur institutionnel, mais qui continue d’utiliser les armes de l’activisme pour exercer son mandat.

Takilal Ndolassem est-il devenu un député militant ou un activiste reconverti en homme politique ? La question reste ouverte dans le paysage politique tchadien.

La rédaction

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