
L’ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, serait désormais considéré comme « indésirable » par les autorités algériennes. L’information a été rapportée par TV5 Monde, citant une annonce faite lors de l’émission Hebdo Show diffusée sur la chaîne d’information gouvernementale algérienne AL24 News.
Cette décision ferait suite à la participation du diplomate français à l’émission Complément d’enquête de France 2, consacrée à la crise diplomatique entre Paris et Alger. Le programme, diffusé récemment, a été très mal accueilli par les autorités algériennes, qui y voient une atteinte à l’image de l’État et de ses institutions.
Dans un communiqué, Alger a dénoncé un « tissu de contre-vérités » et qualifié le contenu de l’émission de « véritable agression contre l’État algérien, ses institutions et ses symboles ». Au cours de cette émission, Stéphane Romatet est notamment revenu sur la décision prise par le président Emmanuel Macron, fin juillet 2024, de soutenir la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara occidental. Une position qui a profondément irrité Alger, soutien historique du Front Polisario, mouvement indépendantiste opposé au Maroc dans ce territoire disputé.
Selon un chroniqueur d’AL24 News, cette prise de parole aurait conduit les autorités algériennes à considérer l’ambassadeur comme « indésirable », bien qu’aucune notification officielle n’ait été rendue publique à ce stade. Stéphane Romatet dirige actuellement l’ambassade de France depuis Paris, après avoir quitté Alger à la demande du président Emmanuel Macron, dans un contexte de crise bilatérale persistante depuis l’été 2024.
Un premier signal de cette nouvelle escalade diplomatique avait été donné avec la convocation de Gilles Bourbao, chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger, par le ministère algérien des Affaires étrangères, à la suite de la diffusion du même reportage.
Par ailleurs, la chaîne algérienne a évoqué une mesure de réciprocité concernant le journaliste français Christophe Gleizes, emprisonné en Algérie depuis le 29 juin et condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». Selon cette source, ses parents ne seraient désormais plus autorisés à lui rendre visite, en réponse au refus des autorités françaises d’autoriser les parents d’un agent consulaire algérien détenu en France à effectuer une visite similaire.
Cette nouvelle séquence confirme la persistance de fortes tensions entre Paris et Alger, sur fond de désaccords diplomatiques et politiques toujours non résolus.
