Depuis la mi-septembre, la contestation lycéenne, née dans les banlieues franciliennes, s’est étendue à l’ensemble de la France. D’abord limitée à des blocus d’établissements, elle s’est transformée en mobilisation nationale, avec le soutien de parents, d’enseignants, d’étudiants et de syndicats.
Le mouvement s’est amplifié les 29 septembre et 1er octobre, avant un « acte III » le 6 octobre. Selon le ministère de l’Intérieur, 256 000 personnes ont manifesté mardi dans le pays. La veille, près de 590 lycées sur environ 3 700 avaient été perturbés. Depuis le début des violences, 5 000 personnes ont été placées en garde à vue, dont une large majorité de mineurs. Le gouvernement fait état de 190 élèves blessés depuis le début du mouvement. Mardi, les autorités ont annoncé 488 nouvelles arrestations et des centaines de blessés.
Au cœur des revendications figurent l’augmentation des moyens pour l’Éducation nationale, le recrutement et le remplacement des enseignants absents, la rénovation des établissements vétustes, la réduction des journées scolaires jugées trop longues, ainsi qu’une réforme de Parcoursup. Les lycéens réclament davantage d’égalité entre territoires et milieux sociaux.
À gauche, La France insoumise soutient la mobilisation. Jean-Luc Mélenchon accuse le gouvernement d’avoir privilégié la répression et dénonce une réponse policière disproportionnée. Mathilde Panot estime, de son côté, que la politique éducative d’Emmanuel Macron est responsable de la colère et réclame la démission du ministre de l’Intérieur. Les organisations lycéennes affirment toutefois vouloir rester maîtresses de leur mouvement et se désolidarisent des violences.
Le gouvernement reconnaît la légitimité de plusieurs revendications, mais condamne les violences et les dégradations. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé des propositions sur le remplacement des enseignants, l’état des bâtiments, l’organisation des journées et Parcoursup avant la fin octobre. Une consultation des lycéens est encore ouverte jusqu’au 23 octobre.
La crise place l’exécutif sous pression, à quelques mois de la présidentielle de 2027.
Issaka Abdoulaye Ben
