Présentée comme la capitale économique du Tchad, Moundou ne renvoie pourtant pas l’image des grandes métropoles africaines à forte dynamique poly-économique, à l’image de Douala, Abidjan ou Lagos. Ici, l’activité existe, mais elle peine à structurer durablement la ville et à offrir de réelles perspectives à sa jeunesse.

Située au sud du pays, aux portes du Cameroun, Moundou vit surtout de sa position géographique. Les flux de transport vers le Cameroun, le commerce de produits alimentaires et quelques activités informelles animent le quotidien. Mais cette économie de transit ne suffit pas à créer de la richesse durable. La ville paraît morose, marquée par une circulation d’argent limitée et un tissu industriel quasi inexistant.

Au centre-ville, Mbailalem Richard, jeune habitant rencontré près du marché central, résume le malaise, « Moundou bouge, mais on ne sent pas l’économie. On survit plus qu’on ne vit. Beaucoup de jeunes veulent partir ». Un constat partagé par Noella Tardjigal, rencontrée non loin des berges du Logone. « Il n’y a pas assez d’entreprises. Quand on finit l’école, on tourne en rond. Beaucoup finissent par aller à N’Djamena ou au Cameroun », confie-t-elle.

Ali Mamad, diplômé en économie et gestion, aujourd’hui sans emploi, pointe une réalité plus structurelle. « Une capitale économique doit attirer des investisseurs, des ONG, des industries. Ici, il y a peu de recrutements. Même entreprendre est difficile faute de soutien », explique-t-il, évoquant son projet de tenter sa chance ailleurs.

À Moundou, le titre de capitale économique sonne comme une promesse inachevée. Une ville qui attend encore l’impulsion capable de retenir sa jeunesse et de transformer son potentiel en réalité.

Ndoubadé Christian, de Moundou pour Gazelle Presse

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