Présent dans les sauces, les soupes et servi à côté des repas, le piment occupe une place importante dans les habitudes alimentaires en Afrique et en Asie. Au Tchad, il accompagne régulièrement les plats et relève les repas selon les préférences de chacun. Mais derrière son goût brûlant se cachent des propriétés nutritionnelles qui méritent d’être connues.
Rouge ou vert, frais ou séché, le piment ne sert pas uniquement à donner du goût aux aliments. Il contient de la vitamine C, des caroténoïdes et d’autres composés végétaux dont les propriétés intéressent les chercheurs. Ses effets dépendent toutefois de la variété, de la maturité et de la quantité consommée.
Un apport intéressant en vitamines et en antioxydants
Le piment frais, notamment lorsqu’il est rouge, peut fournir de la vitamine C, qui contribue au fonctionnement normal du système immunitaire, à la formation du collagène et à l’absorption du fer. Certaines variétés rouges contiennent également du bêta-carotène, que l’organisme peut transformer en vitamine A, essentielle notamment à la vision et au maintien des muqueuses.
Ces apports varient selon les variétés et la préparation. Une petite quantité de piment ne remplace donc pas une alimentation diversifiée riche en fruits et légumes.
Un effet potentiel sur le métabolisme et le poids
Le composé qui donne au piment son caractère piquant est la capsaïcine. Cette substance peut stimuler temporairement certaines dépenses énergétiques et influencer la sensation de satiété. Elle fait ainsi l’objet de recherches sur la gestion du poids.
Cependant, les effets observés restent variables et généralement modestes. Manger du piment ne suffit pas à faire maigrir : l’équilibre alimentaire et l’activité physique demeurent essentiels.
Un intérêt étudié pour la santé cardiovasculaire
Des chercheurs étudient également les liens entre la consommation de piment, le profil lipidique, la pression artérielle et certains marqueurs de l’inflammation. Une étude portant sur près de 500 000 adultes chinois a observé une association entre la consommation fréquente d’aliments épicés et un risque de mortalité prématurée plus faible.
Attention toutefois : une association statistique ne prouve pas que le piment est directement responsable de cette différence. D’autres facteurs alimentaires et liés au mode de vie peuvent intervenir.
Le piment peut-il faciliter la digestion ?
La réponse dépend des personnes et des quantités consommées. Certains travaux suggèrent que la capsaïcine pourrait agir sur certaines fonctions digestives et sur le microbiote intestinal. Mais le piment peut aussi provoquer une sensation de brûlure, des douleurs abdominales ou des diarrhées chez les personnes sensibles.
Il n’est donc pas exact d’affirmer que le piment améliore systématiquement la digestion. En cas de reflux ou de troubles digestifs, mieux vaut adapter sa consommation à sa tolérance.
Ce qu’en dit un diététicien africain
Au Nigeria, Olusola Malomo, diététicien en chef adjoint à l’hôpital général d’Ajeromi, à Lagos, a abordé les propriétés du piment dans une interview publiée le 31 août 2021 par PUNCH HealthWise. Il évoque notamment les effets potentiels de la capsaïcine sur le métabolisme, la gestion du poids et la douleur, tout en mettant en garde contre les troubles digestifs liés aux excès.
Son analyse rejoint un constat essentiel : le piment possède des composés intéressants pour la santé, mais tous les bénéfices qui lui sont attribués ne sont pas confirmés au même niveau par les études chez l’être humain.
Au Tchad, faut-il continuer à consommer du piment ?
Dans les habitudes alimentaires tchadiennes, le piment est souvent incorporé aux sauces et aux soupes ou servi séparément, afin que chacun puisse se servir selon son goût. Cette manière de le consommer permet notamment de mieux contrôler la quantité ajoutée au repas.
Le piment peut donc avoir sa place dans une alimentation équilibrée. Il apporte de la saveur, certains micronutriments et des composés végétaux étudiés pour leurs effets potentiels. Mais il ne constitue ni un médicament ni un remède contre les maladies. Le meilleur réflexe reste de le consommer selon sa tolérance, sans négliger la diversité alimentaire.
