1792223897248

La présentation des copies figurées des lettres de créance de l’ambassadrice d’Israël auprès du Tchad, vendredi 16 octobre 2026, ouvre une nouvelle séquence diplomatique entre N’Djamena et Tel-Aviv. Si certains internautes saluent une opportunité de coopération, d’autres dénoncent un rapprochement qu’ils jugent politiquement et humainement contestable.

Yulia Rachinsky Spivakov, ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de l’État d’Israël auprès de la République du Tchad, avec résidence à Dakar, au Sénégal, a été reçue vendredi matin par Ahmed Kogri, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Tchadiens de l’étranger. À cette occasion, la diplomate israélienne a remis les copies figurées de ses lettres de créance au chef de la diplomatie tchadienne.

Les échanges ont notamment porté sur l’état de la coopération bilatérale et les perspectives de son développement dans plusieurs secteurs prioritaires, notamment la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable et l’agriculture. Toutefois, cette séquence diplomatique ne fait pas l’unanimité sur les réseaux sociaux, où les réactions oscillent entre enthousiasme, pragmatisme diplomatique et indignation.

Entre espoir de coopération et contestation politique

Pour Daouda Lawa, ce rapprochement représente une opportunité à saisir au nom de la paix et du développement. « Il ne faut pas tergiverser, collaborer avec Israël est la meilleure des initiatives pour la paix, le développement et le partage des expériences technologiques qui sont les plus puissantes au monde », affirme-t-il. Il ajoute que « toute tranquillité passe par la paix avec ce minuscule pays, qu’on le veuille ou pas », avant de conclure par un appel à la coopération tchado-israélienne.

Cette position traduit une approche privilégiant les intérêts nationaux, les échanges technologiques et les perspectives de développement. Pour ses partisans, la diplomatie doit permettre au Tchad de diversifier ses partenariats et de tirer profit des compétences de ses partenaires étrangers.

Brahim Abdelkerim partage cette orientation et félicite les autorités tchadiennes pour leur ouverture diplomatique. « Félicitations, c’est une bonne idée de faire la diplomatie à bras ouverts avec n’importe quel pays », commente-t-il. Son intervention défend une conception de la diplomatie fondée sur le dialogue et la coopération, indépendamment des divergences politiques entre États.

La cause palestinienne au cœur des critiques

À l’opposé, Mht Ahmat Noh exprime son opposition à ce rapprochement en manifestant son soutien à la Palestine : « Vive la Palestine. Que Dieu maudisse Israël et son peuple. » Une réaction virulente qui illustre la place qu’occupe la question palestinienne dans les perceptions d’une partie des internautes.

Ali Mahamat formule, lui aussi, une critique frontale de cette ouverture diplomatique. « Il est politiquement et humainement inacceptable d’inviter au Tchad un État israélien accusé de génocide », écrit-il. Son commentaire traduit une condamnation politique du rapprochement avec Israël, sur fond de controverses internationales liées à la guerre à Gaza et aux accusations de violations graves du droit international.

Ces réactions montrent que les relations entre N’Djamena et Tel-Aviv ne sont pas uniquement appréciées à l’aune des possibilités de coopération économique ou technologique. Elles sont également examinées à travers le prisme des solidarités internationales, de la situation des Palestiniens et des responsabilités attribuées aux acteurs du conflit.

Une coopération attendue au-delà des déclarations

La présentation des copies figurées des lettres de créance constitue une étape diplomatique importante, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à mesurer la portée future des relations bilatérales. Les secteurs évoqués, notamment la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable et l’agriculture, pourraient offrir des domaines concrets de coopération si des projets se matérialisent.

Reste à savoir comment les autorités tchadiennes entendront concilier leurs objectifs de développement, leurs choix diplomatiques et les sensibilités exprimées par une partie de l’opinion publique.

Une chose est certaine : cette séquence diplomatique a déjà dépassé le cadre protocolaire. Sur les réseaux sociaux, elle révèle un débat plus large sur les priorités de la politique étrangère tchadienne, la place des considérations humanitaires dans les relations internationales et les limites du pragmatisme diplomatique face aux convictions politiques.

Kissia Dani

Partagez sur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *