
À N’Djaména, le président du Parti Tchad Uni, Mahamat Zene Chérif, a haussé le ton ce mardi 18 août, depuis les locaux de la radio FM Liberté. À bout de patience, il en appelle directement au maréchal Mahamat Idriss Deby Itno, chef de l’État, pour qu’il intervienne en « garant de la justice » dans un conflit qui l’oppose au Mouvement Patriotique du Salut (MPS) et à ses alliés.
Au cœur du litige : l’utilisation de la dénomination « Tchad Uni ». Le parti de Mahamat Zene Chérif, créé en octobre 2021 et officiellement enregistré sous le folio n°541 le 28 avril 2023, revendique la paternité de ce nom. Problème : le 2 mars 2024, une coalition de plus de 220 partis, menée par le MPS, a choisi exactement la même appellation pour soutenir la transition en cours.
« Ce n’est pas une coïncidence, c’est un plagiat », affirme le leader politique, qui dénonce une atteinte à l’identité de son parti et à sa réputation. Saisie depuis plus de deux ans et cinq mois, la justice tchadienne n’a toujours pas rendu de décision. « Nous faisons face à des entraves systématiques », regrette-t-il, appelant à un procès public, transparent et équitable.
Un appel à l’arbitrage présidentiel qui intervient alors que le chef de l’État affiche une volonté de renforcer l’État de droit. Reste à savoir si la plus haute autorité du pays entendra cette requête, dans un climat politique toujours marqué par les séquelles de la transition.
Sakhaïroune Ousmane Kikigne
