
L’ascension socioprofessionnelle des jeunes tchadiens demeure un sujet de débat. Dans une analyse, le sociologue Khalit Adoum Abdramane Narimi estime que les chances de mobilité sociale restent inégalement réparties au sein de la société tchadienne.
Selon lui, une minorité détiendrait l’essentiel du capital économique, du prestige social et du pouvoir, influençant ainsi l’accès aux opportunités professionnelles. Cette situation favoriserait, d’après son analyse, un conformisme social qui conduirait certains jeunes à mettre de côté leurs ambitions personnelles afin de se conformer aux attentes des groupes les plus influents.
Le sociologue souligne également que les appartenances familiales, ethniques ou claniques continueraient, selon lui, de peser dans les processus de nomination et d’accès aux responsabilités, parfois au détriment du mérite et des compétences. Il estime par ailleurs qu’une grande partie des groupes sociaux fait face à une forme d’exclusion socioprofessionnelle qui limite les perspectives de mobilité ascendante.
Précisant que cette réflexion s’appuie sur ses expériences sociales subjectives, Khalit Adoum Abdramane Narimi invite la jeunesse tchadienne à faire preuve de résilience, à diversifier ses compétences, à développer un capital social ouvert à toutes les communautés et à garder confiance en Allah. Pour le sociologue, ces valeurs constituent des leviers essentiels pour poursuivre ses ambitions malgré les obstacles, dans l’espoir d’un Tchad où le mérite et l’égalité des chances occupent une place plus importante.
Adnely Carine
