
La grâce présidentielle accordée aux responsables politiques détenus, notamment aux huit leaders du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), ainsi qu’au président des Transformateurs, Succès Masra, suscite des réactions contrastées au sein de l’opposition tchadienne. Si le porte-parole du parti Les Patriotes, Hissein Abdoulaye, prend acte de la décision tout en continuant de clamer l’innocence des condamnés, le secrétaire national à la communication de l’Union des démocrates pour le développement et le progrès (UDP), Sadam Madiri Kawadi, y voit une occasion d’ouvrir une nouvelle étape politique.
Hissein Abdoulaye refuse toute jubilation. « Il n’y a pas lieu de se réjouir, à jubiler. Nos leaders ont été arrêtés injustement et condamnés à des chefs d’accusation imaginaires sans jamais présenter des preuves matérielles », affirme-t-il. Les huit responsables avaient été arrêtés le 25 avril 2026 et condamnés, le 8 mai, à huit ans de prison ferme pour plusieurs chefs d’accusation retenus par la justice.
À l’inverse, Sadam Madiri Kawadi remercie le président Mahamat Idriss Déby Itno pour ce geste de clémence. Rappelant avoir lui-même appelé, à la veille du 11 août, à une mesure en faveur des détenus politiques, il estime que le chef de l’État a entendu les voix de la majorité, de l’opposition et de la société civile.
Mais le responsable de l’UDP l’invite à aller plus loin : « Monsieur le Président, vous avez entendu. Allons maintenant plus loin. » Il réclame davantage de dialogue, d’écoute et de contradiction dans la gouvernance.
Pour Kawadi, la grâce ne doit donc pas être un aboutissement, mais le début d’une nouvelle dynamique destinée à restaurer la confiance et à dépasser les rancœurs politiques. « Le Tchad est plus grand que nos fonctions, plus grand que nos partis et plus grand que nos personnes », conclut-il.
Sakhaïroune Ousmane Kikigne
