Le Burkina Faso a franchi une nouvelle étape dans la transformation de son or. Inaugurée lundi 28 septembre 2026 à Ouagadougou par le capitaine Ibrahim Traoré, la Raffinerie nationale d’or, baptisée RAFFINOR-BF, doit permettre au pays de conserver davantage de valeur ajoutée issue de son secteur aurifère.

Installée sur un site de cinq hectares, l’infrastructure représente un investissement de plus de 11 milliards de francs CFA, selon le gouvernement burkinabè. Elle est portée par l’État, notamment à travers la Société nationale des substances précieuses (SONASP), avec la participation du secteur privé national.

La première phase de RAFFINOR-BF affiche une capacité d’affinage de 164 tonnes d’or par an. Une seconde phase doit porter cette capacité à 515 tonnes annuelles. L’or raffiné doit atteindre une pureté de 99,99 %, correspondant à la norme internationale « Good Delivery », selon le quotidien public Sidwaya.

Ces capacités sont à mettre en perspective avec la production nationale. Le Burkina Faso a produit 94 tonnes d’or en 2025, selon les données citées par le ministère des Mines. En 2024, la production s’établissait à 60,77 tonnes, dont 53,38 tonnes provenant des exploitations industrielles et 7,13 tonnes de l’exploitation artisanale, d’après le rapport ITIE.

La raffinerie devrait générer plus de 100 emplois directs et environ 5 000 emplois indirects. Elle comprend notamment une fonderie, un laboratoire d’analyse, une zone sécurisée de stockage et une unité de bijouterie.

Pour les autorités, l’objectif dépasse la simple transformation du métal jaune. Il s’agit également d’améliorer la traçabilité de l’or, de mieux contrôler les flux financiers et de lutter contre la fraude et le commerce clandestin.

Le projet avait été lancé en novembre 2023. À l’époque, les autorités évoquaient une capacité de 400 kg par jour, soit environ 150 tonnes par an. Les données communiquées lors de l’inauguration font désormais état de 164 tonnes pour la première phase.

Avec RAFFINOR-BF, Ouagadougou entend ainsi passer progressivement de l’exportation de l’or à la maîtrise d’une partie de sa chaîne de valeur sur le territoire national.

Sakhaïroune Ousmane Kikigne

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