Le Tchad ne cultive pas le café et ne dispose pas d’une véritable filière caféicole, mais les Tchadiens en sont des consommateurs habituels. De N’Djamena à l’Est, de l’Ouest au Centre, du Nord au Sud, cette boisson s’est installée dans les habitudes quotidiennes. À l’occasion de la Journée internationale du café, ce 1er octobre, retour sur une boisson appréciée, ses bienfaits et les nombreuses fausses informations qui l’entourent.
Il y a un paradoxe tchadien autour du café. Le pays ne produit pas cette précieuse graine, mais la tasse est bien présente dans les habitudes. Dans les maisons, les bureaux, les petits commerces et les lieux de rencontre de N’Djamena, comme dans différentes localités du pays, le café accompagne les discussions, les matinées et parfois les longues journées de travail.
Cette consommation s’inscrit dans un phénomène mondial. En 2026, les Nations unies célèbrent officiellement, pour la première fois, le 1er octobre comme Journée internationale du café. Une reconnaissance qui met notamment en lumière l’importance économique, sociale et agricole de cette filière qui fait vivre des millions de personnes à travers le monde.
Mais que vaut réellement cette boisson pour la santé ?
Le café n’est ni un poison ni un médicament miracle. Sa caféine stimule le système nerveux central et peut améliorer temporairement la vigilance, l’attention et réduire la sensation de fatigue. Plusieurs recherches ont également observé des associations entre une consommation régulière de café et certains effets favorables, notamment concernant le diabète de type 2 et la santé du foie.
Alors, faut-il croire toutes les alertes qui circulent sur les réseaux sociaux ? Non.
« Le café à jeun est forcément dangereux » : faux. Le médecin franco-sénégalais Jean-Marc Sène a rappelé qu’il n’est pas possible de généraliser. Certaines personnes peuvent ressentir des brûlures d’estomac ou une gêne digestive, mais cela ne signifie pas que le café à jeun soit dangereux pour tout le monde.
« Le café déshydrate systématiquement » : encore une idée reçue. La caféine possède bien un effet diurétique, mais une consommation habituelle de café ne provoque pas automatiquement une déshydratation.
« Le café fait forcément grossir » : faux également. Le café noir contient très peu de calories. Ce sont surtout le sucre, la crème, le lait en quantité importante ou certains accompagnements qui peuvent augmenter fortement l’apport calorique.
La prudence reste toutefois de mise. Une consommation excessive de caféine peut provoquer nervosité, palpitations ou troubles du sommeil chez certaines personnes. Pour un adulte sain, l’Autorité européenne de sécurité des aliments estime qu’une consommation allant jusqu’à 400 mg de caféine par jour ne présente généralement pas de problème de sécurité.
Au Tchad, où l’on ne produit pas de café mais où l’on en consomme, la journée du 1er octobre rappelle finalement une chose simple : il faut distinguer les faits des légendes. Le café peut avoir sa place dans une alimentation équilibrée, procurer du plaisir et stimuler la vigilance. Mais il ne faut ni le diaboliser ni lui attribuer des pouvoirs miraculeux.
Sakhaïroune Ousmane Kikigne
