L’écrivain tchadien Isaac Tédambé est décédé le 29 octobre 2026, à l’âge de 72 ans, des suites d’une longue maladie. Auteur du célèbre roman République à vendre, il laisse derrière lui une œuvre engagée, marquée par une critique profonde de la mauvaise gouvernance, du népotisme et des injustices sociales. Sa disparition prive le paysage littéraire tchadien d’une voix singulière, dont les écrits continuent d’interroger les rapports entre pouvoir, citoyenneté et bien commun.
Né le 3 mars 1954 au Nigeria, de parents tchadiens originaires de Ganli, dans le département du Lac-Léré, Isaac Tédambé a effectué une partie de sa scolarité au Nigeria et au Cameroun. Il a ensuite poursuivi ses études supérieures à Brazzaville, où il a obtenu en 1991 un diplôme supérieur en économie. Expert-comptable et consultant spécialisé dans les projets, il a mené une carrière professionnelle parallèlement à son engagement littéraire.
Publié en 2003 aux éditions L’Harmattan, République à vendre demeure son ouvrage emblématique. À travers la République fictive de Bec-de-Canard, l’auteur dépeint une société confrontée à la misère, aux abus de pouvoir, aux détournements de fonds publics et à l’effondrement des valeurs républicaines. Derrière cette fiction se dessine une réflexion sur les dérives politiques et les espoirs déçus des populations.
Mais Isaac Tédambé ne s’est pas limité à ce roman. Il est également l’auteur de La Femme aux pieds en sabots et du Trou du margouillat, entre autres publications. Dans ses interventions publiques, il dénonçait régulièrement le favoritisme et le népotisme, qu’il considérait comme des freins au développement du Tchad.
