Screenshot

Pendant près de cinq ans, un diplomate tchadien aura occupé l’un des postes les plus importants de la diplomatie du monde musulman. Hissein Brahim Taha, élu secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) en novembre 2020 et entré officiellement en fonction le 17 novembre 2021, s’apprête aujourd’hui à passer le relais après un parcours international particulièrement dense.

Né le 1er novembre 1951 à Abéché, Hissein Brahim Taha appartient à cette génération de diplomates tchadiens dont la carrière s’est construite au fil de plusieurs décennies au service de la politique étrangère de leur pays. Il commence sa carrière diplomatique en 1981 et gravit progressivement les échelons du ministère des Affaires Étrangères.

Sa formation accompagne cette vocation internationale. Il étudie notamment l’arabe littéral à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), à Paris, entre 1975 et 1977. Cet établissement français est spécialisé dans l’étude des langues, cultures et sociétés du monde.

Son parcours l’emmène ensuite dans plusieurs des principales capitales diplomatiques. Il est notamment premier conseiller à l’ambassade du Tchad en Arabie saoudite de 1991 à 2001, puis ambassadeur à Taiwan. De 2007 à 2017, il représente le Tchad comme ambassadeur en France, avec accréditation également auprès de l’Espagne, du Portugal, de la Grèce et du Vatican.

En 2017, il franchit une nouvelle étape en devenant ministre tchadien des Affaires étrangères et de l’Intégration africaine. Il rejoint ensuite la présidence de la République comme conseiller diplomatique en 2018, avant d’être nommé secrétaire général adjoint de la présidence, avec rang de ministre, en 2019.

Cette longue expérience diplomatique constitue l’un des principaux atouts de sa candidature à la tête de l’OCI. Lorsqu’il est choisi en 2020, le Tchad place ainsi l’un de ses diplomates les plus expérimentés à la tête d’une organisation qui réunit 57 États membres.

À l’OCI, Hissein Brahim Taha s’est employé à porter les dossiers de coopération entre les États membres, dans un contexte international marqué par les crises sécuritaires, les conflits, les tensions géopolitiques et les enjeux de développement. Sa fonction l’a également placé au cœur des échanges avec de nombreux gouvernements et organisations internationales.

Son parcours a par ailleurs été distingué par plusieurs reconnaissances. Il a notamment été élevé au rang de Chevalier de l’Ordre national du Tchad et fait Officier de la Légion d’honneur.

De N’Djamena à Riyad, de Taipei à Paris, puis jusqu’au secrétariat général de l’OCI, Hissein Brahim Taha aura ainsi construit une carrière qui dépasse largement les frontières tchadiennes. Son passage à la tête de l’organisation aura surtout consacré, sur la scène internationale, le parcours d’un diplomate tchadien qui aura consacré plusieurs décennies à la représentation de son pays.

Sakhaïroune Ousmane Kikigne

Partagez sur

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *