
Le conflit soudanais continue de faire planer le risque d’une extension au-delà des frontières. Après les accusations formulées par N’Djamena à la suite de frappes aériennes signalées le 20 août dans l’Ennedi-Est, Khartoum monte au créneau et conteste la version tchadienne.
Le gouvernement soudanais rejette l’attribution de ces bombardements à ses forces armées et remet en cause toute conclusion établie sans investigation préalable. Il demande qu’une enquête indépendante permette de déterminer les circonstances exactes de l’incident et d’en établir les responsabilités.
Cette réponse intervient quelques jours après le communiqué de l’état-major tchadien. L’armée avait affirmé que des aéronefs et des drones attribués aux Forces armées soudanaises ou à leurs alliés avaient poursuivi une colonne de véhicules depuis le Soudan jusque sur plus de 100 kilomètres à l’intérieur du territoire tchadien.
L’affaire prend désormais une dimension diplomatique. L’Union africaine, qui n’a pas désigné de responsable, s’est dite préoccupée par les frappes et a appelé au respect de la souveraineté des États, au dialogue et à la retenue.
Derrière cette confrontation de versions, une inquiétude demeure : voir la guerre qui ravage le Soudan depuis 2023 transformer progressivement la frontière tchado-soudanaise en nouveau front de tension régionale.
Issaka Abdoulaye Ben, stagiaire
