Dans une maison discrète au quartier Moursal dans le 6e arrondissement de N’Djamena, une jeune femme de 28 ans reçoit notre reporter ce dimanche 19 juillet 2026. Visiblement éprouvée, elle affirme ne plus pouvoir s’asseoir normalement depuis une semaine après une intervention destinée à augmenter le volume de ses fesses.

« Je ne peux plus m’asseoir. Chaque mouvement me fait souffrir », confie-t-elle. Souhaitant préserver son identité, elle a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat. Selon elle, cette intervention répondait à un désir d’améliorer son apparence physique, influencée par les standards de beauté de plus en plus relayés sur les réseaux sociaux.

Depuis l’intervention, la jeune femme affirme vivre un quotidien difficile. Les gestes les plus simples, explique-t-elle, sont devenus douloureux. Elle dit aujourd’hui vouloir partager son histoire pour sensibiliser d’autres femmes aux risques que peuvent comporter certaines interventions esthétiques.

Son témoignage intervient alors que plusieurs professionnels de santé africains mettent en garde contre les pratiques réalisées en dehors d’un cadre médical rigoureux. Dans une étude scientifique publiée en 2024, des médecins camerounais ont rapporté un cas de complications graves à la suite d’injections destinées à augmenter le volume des fesses, rappelant les risques d’infections sévères, de nécrose des tissus et d’autres complications potentiellement graves. En Côte d’Ivoire, la Dre Yapi Sasso Sidonie Calice souligne que ce phénomène dépasse la seule question esthétique et soulève également des enjeux médicaux, sociaux, culturels et éthiques.

À travers ce témoignage, cette jeune femme espère alerter celles qui envisagent une telle intervention. « Si je peux éviter à une autre femme de vivre ce que je traverse aujourd’hui, alors mon témoignage aura servi », conclut-elle.

Kissia Dani

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