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Construire à N’Djaména reste un véritable parcours financier. La diminution du prix du ciment, pourtant appréciée par les acheteurs, ne se traduit pas encore par une baisse générale des dépenses. Dans les quincailleries, la hausse de plusieurs matériaux vient en effet réduire l’avantage obtenu sur le ciment.

Le sac de Dangoté importé se vend actuellement autour de 10 500 FCFA, après avoir atteint 12 500 FCFA. Pour CIMAF Tchad, le prix tourne autour de 9 500 FCFA, avec des vendeurs qui peuvent descendre jusqu’à 9 000 FCFA.

Mais le bois destiné aux travaux n’a pas suivi cette évolution. Le chevron coûte désormais près de 9 000 FCFA, contre 7 500 FCFA auparavant. La lambourde a connu une progression plus importante encore : certains commerçants la proposent à 5 000 FCFA, alors qu’elle se vendait autour de 3 000 FCFA quelques mois plus tôt.

Dans plusieurs points de vente, les tôles et d’autres fournitures affichent également des tarifs élevés. Les vendeurs expliquent cette situation par l’augmentation des dépenses liées à l’approvisionnement, la hausse du prix du carburant et d’acheminement. La saison des pluies complique notamment le déplacement des marchandises et renchérit les frais de transport.

Cette situation oblige certains clients à revoir leurs projets. Un propriétaire rencontré dans le secteur de Dinguessou explique qu’il préfère acheter progressivement plutôt que d’engager immédiatement l’ensemble des travaux.

Les petits entrepreneurs du bâtiment ressentent eux aussi cette pression. Des commandes sont différées et certains chantiers avancent plus lentement.

Pour les ménages, la baisse du ciment reste donc insuffisante. Le véritable soulagement ne pourra intervenir que si les prix des autres matériaux connaissent eux aussi un recul.

Sakhaïroune Ousmane Kikigne

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