À l’occasion du 17 octobre, Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, Mapouki Manemon, spécialiste des questions agricoles et de sécurité alimentaire, appelle à faire de la production locale un levier de création d’emplois, de souveraineté alimentaire et de réduction durable de la pauvreté.
Le Tchad ne manque ni de terres, ni de bétail, ni de ressources naturelles. Ce qui lui fait encore défaut, c’est la capacité de transformer durablement ces richesses en revenus, en emplois et en meilleures conditions de vie pour sa population.
Selon la Banque mondiale, 44,8 % des Tchadiens vivaient sous le seuil national de pauvreté en 2022. Derrière ce chiffre se trouvent des ménages confrontés à l’insécurité alimentaire, au chômage et à un accès insuffisant aux services essentiels.
Pour Mapouki Manemon, dont l’expertise porte sur le développement agricole, la valorisation des ressources nationales constitue un enjeu majeur. Le défi ne consiste pas seulement à produire davantage, mais aussi à transformer localement les récoltes, améliorer l’accès aux semences de qualité, soutenir les producteurs et faciliter l’écoulement des produits agricoles.
Une agriculture mieux organisée peut réduire les pertes, créer des emplois pour les jeunes et limiter la dépendance alimentaire. Mais cette ambition exige des investissements, des infrastructures adaptées, un accompagnement technique des exploitants et des politiques publiques suivies d’effets.
Le paradoxe tchadien est saisissant : un pays doté d’importantes potentialités, mais où la richesse nationale ne se traduit pas suffisamment en prospérité populaire. La lutte contre la pauvreté se mesurera donc moins aux promesses qu’aux résultats : des revenus plus stables, des emplois décents et des familles capables de se nourrir dignement.
Le 17 octobre rappelle une exigence fondamentale : les ressources du Tchad doivent devenir une source de progrès pour les Tchadiens, et non rester de simples potentialités inexploitées.
