Deux jours après son interpellation à l’Assemblée nationale sur la gestion de l’épidémie de dengue, le ministre de la Santé publique, Dr Abdelmadjid Abderahim, a de nouveau été questionné ce vendredi 6 novembre 2026, devant la chambre haute du parlement tchadien. Au centre des échanges : le bilan officiel de 18 décès attribués à la maladie et les interrogations sur l’ampleur réelle de l’épidémie.
Lors de son intervention, le sénateur Ibrahim Foullah a vivement contesté ce bilan, estimant qu’il ne reflétait pas nécessairement la réalité des décès enregistrés depuis l’apparition de la maladie au Tchad.
Au cours de son intervention, l’élu a lancé au ministre : « Vous avez parlé de 18 morts dus à la dengue depuis son arrivée. Le Coran devant vous (Kitab Allah djak), depuis l’arrivée de la dengue, seulement 18 personnes sont mortes ? Il est inconcevable de croire que seules 18 personnes soient décédées. »
Face à cette interpellation, Dr Abdelmadjid Abderahim a refusé de prêter serment sur le livre religieux. « Monsieur le Sénateur Foullah, je ne prêterai pas serment : je ne jurerai pas sur le livre. Nous n’avons rien à cacher », a-t-il rétorqué.
Le bilan officiel présenté le 4 novembre devant les députés faisait état de 6 275 cas suspects, 353 cas confirmés et 18 décès. Le ministre avait toutefois reconnu l’existence de nombreux décès dans les communautés, dont le lien avec la dengue reste à établir par des investigations médicales. ATPE +1
Cette nouvelle confrontation parlementaire intervient alors que l’inquiétude grandit au sein de la population tchadienne. Au-delà des chiffres, les interrogations portent désormais sur la fiabilité du dispositif de surveillance épidémiologique et la capacité des autorités à établir un bilan exhaustif des victimes.
