
L’élimination précoce des Sao face au Burundi en préliminaires de la CAN 2027 a ouvert une crise sans précédent au sein du football tchadien. Accusations croisées, sanctions, menaces de poursuites, chaque camp avance ses arguments sans qu’un consensus ne se dessine.
Sur le plan sportif, les résultats parlent d’eux-mêmes. Sur les deux rencontres, l’équipe nationale a montré des limites évidentes dans l’animation offensive et la solidité défensive. Ces difficultés techniques, observables sur le terrain, interrogent sur la préparation et le niveau global du groupe. Plusieurs observateurs estiment que ce revers ne saurait être attribué à un seul facteur.
Côté fédération, le président Tahir Oloy Hassan et le sélectionneur Raoul Savoy ont affirmé que cinq joueurs, dont le capitaine Marius Mouandilmadji, auraient volontairement compromis le résultat du match retour. Ces accusations, formulées sans preuve publique à ce stade, ont été jugées graves par une partie de l’opinion. La décision d’exclure définitivement les joueurs concernés relève de la prérogative de la FTFA, mais son opportunité interroge au regard de l’impératif de cohésion.
Côté joueurs, Marius Mouandilmadji dénonce des impayés de salaires et une gestion qu’il estime opaque. Il a engagé une procédure judiciaire pour diffamation et menace de saisir le Tribunal Arbitral du Sport. Si ces revendications trouvent un écho auprès de certains observateurs, la contestation ouverte en pleine compétition interroge également sur la discipline collective.
Le gouvernement, par la voix du Ministère de la Jeunesse et des Sports, a rappelé que les Sao incarnent un symbole national et a appelé à la restauration de l’unité. Une position d’apaisement qui ne règle pas pour autant les tensions.
En l’état, la responsabilité de cette crise semble partagée : les dirigeants pour leur communication et leur gestion, les joueurs pour leurs performances et leur contestation. Le football tchadien, déjà fragilisé, a besoin de transparence et de dialogue pour espérer rebondir.
