
À N’Djamena, les jeux de hasard accessibles par téléphone connaissent un essor remarquable. Dans plusieurs quartiers de la capitale, de nombreux jeunes, mais aussi des adultes et des femmes, tentent quotidiennement leur chance dans l’espoir de décrocher un gain rapide. Face au chômage, à la précarité et au coût élevé de la vie, certains voient dans ces plateformes une opportunité de changer leur destin, malgré les risques de pertes financières.
Au quartier Dembé, Moussa, 27 ans, sans emploi depuis deux ans, reconnaît jouer presque tous les jours. « Au début, j’ai gagné une petite somme. Depuis, je continue en espérant toucher le gros lot. Mais la plupart du temps, je perds plus que je ne gagne », confie-t-il avec amertume.
À Walia, Amina, commerçante de 38 ans, estime que cette pratique prend une ampleur inquiétante. « Beaucoup de femmes jouent en cachette. Certaines utilisent même une partie de leur bénéfice quotidien. Quand elles perdent, cela crée des difficultés dans le foyer », regrette-t-elle.
Du côté de Diguel, Mahamat, étudiant, considère ces jeux comme une illusion. « Les réseaux sociaux montrent seulement ceux qui gagnent. Personne ne parle des centaines de personnes qui perdent chaque jour. Beaucoup de jeunes deviennent dépendants », explique-t-il.
À Amriguebé, Halima, mère de famille, appelle à davantage de sensibilisation. « Il faut informer les jeunes sur les dangers de ces jeux. Le travail reste la meilleure voie pour réussir. Chercher de l’argent facile peut conduire à de graves déceptions », affirme-t-elle.
Si les opérateurs mettent en avant la simplicité d’accès et la possibilité de remporter des gains importants, plusieurs habitants interrogés invitent les autorités et les acteurs de la société civile à renforcer les campagnes de sensibilisation. Pour eux, le jeu de hasard par téléphone ne doit pas être perçu comme une solution au chômage, mais comme un divertissement dont les conséquences peuvent rapidement devenir préoccupantes lorsqu’il est pratiqué sans limites.
Kissia Dani
