Adopté à l’unanimité le 20 octobre par les 71 membres présents de l’Assemblée législative du peuple, le nouveau Code pénal burkinabè réintroduit la peine capitale pour plusieurs infractions graves. Une décision vivement critiquée par des organisations de défense des droits humains, qui redoutent un recul des libertés fondamentales.
Le Burkina Faso tourne une nouvelle page de son histoire judiciaire. Près de huit ans après l’abolition de la peine de mort pour les crimes de droit commun, en 2018, les autorités de transition ont décidé de rétablir la sanction suprême dans leur arsenal pénal. Le nouveau texte prévoit notamment son application pour les actes de terrorisme, la haute trahison, l’espionnage, le parricide et l’importation de produits périmés ou interdits ayant entraîné la mort, selon les informations publiées sur la réforme.
Cette décision a provoqué des réactions critiques sur la scène internationale.
Human Rights Watch (HRW) a dénoncé une mesure susceptible de devenir un instrument supplémentaire de répression contre les voix critiques du pouvoir militaire. L’organisation estime également que le rétablissement de la peine capitale ne permettra pas de résoudre la crise sécuritaire qui secoue le pays.
Amnesty International, qui avait exhorté les autorités burkinabè à renoncer à ce projet, s’oppose également au retour de la peine de mort. La dernière exécution judiciaire connue au Burkina Faso remonte à 1988, selon les informations rapportées par les médias.
En décembre 2025, la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples avait déjà exprimé sa profonde préoccupation face au projet de rétablissement. Elle avait appelé les autorités à préserver les acquis liés à l’abolition de la peine capitale, estimant qu’un tel retour constituerait un recul dans la protection du droit à la vie.
De son côté, le Groupe d’intervention judiciaire SOS-Torture en Afrique avait également appelé les autorités à ne pas adopter le projet de loi.
Pour le gouvernement burkinabè, cette réforme vise à renforcer l’ordre public et à lutter contre le terrorisme. Mais ses détracteurs soulignent les risques d’erreurs judiciaires irréversibles, particulièrement dans un contexte marqué par les violences armées et les préoccupations relatives aux garanties d’un procès équitable.
La réintroduction de la peine de mort ouvre ainsi un nouveau débat sur la sécurité, la justice et la protection des droits fondamentaux au Burkina Faso.
