Réunis ce dimanche 19 juillet 2026 à Lungi, près de Freetown en Sierra Leone, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont ouvert les travaux de leur 69ᵉ sommet ordinaire dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, les transitions politiques et les tensions avec l’Alliance des États du Sahel (AES). Les discussions portent principalement sur la création d’une force régionale permanente, le rapprochement avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, ainsi que le renouvellement des instances dirigeantes de l’organisation.

L’un des temps forts du sommet devrait être la nomination du général Birame Diop, ancien ministre sénégalais de la Défense, à la présidence de la Commission de la CEDEAO pour le mandat 2026-2030. Cette désignation renforcerait le rôle diplomatique du Sénégal, déjà engagé dans les efforts de médiation avec les pays de l’AES depuis leur retrait de l’organisation.

Face à la montée du terrorisme et de l’extrémisme violent dans le Sahel, les dirigeants ouest-africains examinent également la création d’une force régionale permanente. Ce projet vise à renforcer les capacités d’intervention collective de la CEDEAO et s’inscrit dans la continuité des décisions prises lors du sommet d’Abuja en décembre 2025.

Le sommet a aussi été marqué par la première participation du président guinéen, le général Mamadi Doumbouya, à une réunion des chefs d’État de la CEDEAO. Dans un discours remarqué, il a appelé l’organisation à revenir à sa vocation économique originelle, estimant que le développement constitue le meilleur rempart contre les crises politiques et sécuritaires.

Le chef de l’État guinéen a vivement critiqué la politique des sanctions appliquée par la CEDEAO lors des changements anticonstitutionnels de gouvernement. Selon lui, ces mesures pénalisent avant tout les populations civiles, notamment les femmes, les enfants et les acteurs économiques, sans apporter de solution durable aux crises politiques. Il a plaidé pour un dialogue renforcé et une approche fondée sur la solidarité régionale.

À travers ce sommet, la CEDEAO cherche ainsi à redéfinir sa stratégie face aux nouveaux défis sécuritaires et politiques, tout en tentant de préserver l’unité de l’Afrique de l’Ouest et de relancer la coopération avec les États membres de l’AES.

Par Sawadogo Kaboré

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