Le Parti des Démocrates pour le Renouveau (PDR) a élevé la voix ce week-end pour dénoncer les conditions d’incarcération de Mahamat Saleh Moussa, son Secrétaire National chargé de la Jeunesse, arrêté le 25 mai dernier par la Direction Générale des Renseignements et d’Investigation (DGRI) .

Selon le parti, le responsable politique a été interpellé à la suite d’une convocation par téléphone et se trouve depuis lors en détention au secret . Dans un communiqué, le PDR affirme n’avoir reçu « aucune information concernant les motifs exacts de son arrestation ni de ses conditions de détention », pas plus que la famille du militant . Le parti qualifie cette situation d’« arbitraire » et exige le « respect strict des procédures judiciaires et des droits de la défense », appelant à sa libération immédiate .

Cette affaire s’inscrit dans un contexte politique tchadien particulièrement tendu. Depuis plusieurs mois, l’opposition et la société civile dénoncent une répression accrue du pouvoir à l’encontre des voix discordantes . Les arrestations et détentions de responsables politiques, se multiplient, alimentant les inquiétudes sur l’état de droit dans le pays . À la mi-mai, 8 dirigeants de la principale coalition d’opposition, le Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), ont été condamnés à 8 ans de prison ferme, une décision que leurs avocats ont dénoncée comme une « utilisation de la justice comme instrument de pression politique » .

Pour l’analyste politique Yamingué Betinbaye, contacté par la DW, cette situation ne présage rien de bon pour la démocratie tchadienne. « Ces arrestations et menaces ne contribueront qu’à renforcer la méfiance vis-à-vis du pouvoir », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’un dialogue politique .

Les autorités tchadiennes, par la voix du ministre de la Communication Gassim Cherif, ont réfuté toute intention de museler l’opposition, affirmant être ouvertes aux discussions et au débat contradictoire . Aucune réaction officielle n’a toutefois été émise concernant le cas spécifique de Mahamat Saleh Moussa, dont le parti affirme qu’il est détenu sans motif d’inculpation depuis 25 jours.

Sakhaïroune Ousmane Kikigne

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