
Hier, vendredi 5 juin 2026, le Maréchal Mahamat Idriss Deby Itno a inauguré le nouveau siège du ministère des Finances, un imposant bâtiment de dix étages construit sur 35.123 m² pour plus de 74 milliards FCFA, entièrement financé sur ressources propres de l’État. Si l’édifice impressionne, le montant divise l’opinion.
Pour une partie des Tchadiens, ce coût est difficile à justifier. Sur les réseaux sociaux, les comparaisons avec les pays voisins alimentent la polémique. « Le Niger construit des infrastructures similaires pour près de 40 milliards. Pourquoi nous payer presque le double ? », interroge Mahamat Abakar, internaute à Abéché. D’autres dénoncent un « luxe déconnecté des urgences sociales ». Fatimé Zara, étudiante à Sarh, résume : « Avec 74 milliards, on pouvait construire des dizaines d’écoles et d’hôpitaux dans nos campagnes. » Beaucoup réclament plus de transparence sur le détail des coûts.
En revanche, d’autres défendent ce projet ambitieux. Pour Ibrahim Malloum, économiste à N’Djamena, « ce siège est un outil de travail indispensable pour une administration moderne. Un ministère des Finances digne de ce nom doit inspirer sérieux et efficacité ». Jacques Ninga, fonctionnaire, ajoute : « Construire sur ressources propres, c’est une fierté nationale. Cela montre que le Tchad peut financer ses grands projets sans aide extérieure. » Selon eux, ce bâtiment améliorera la productivité des agents et la gestion des deniers publics.
L’inauguration laisse ainsi un goût mitigé. Le gouvernement salue un joyau architectural. La population, elle, attend des preuves que ce gigantisme profitera vraiment à tous. L’avenir dira si ce pari sera transformé ou restera un symbole contesté.
Kissia Dani
