
Les deux principales organisations représentatives des juges tchadiens ont annoncé, vendredi 5 juin, qu’elles renonçaient aux poursuites engagées contre le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration. Une décision prise à l’issue d’une assemblée générale, selon un communiqué conjoint du Syndicat des Magistrats du Tchad (SMT) et du Syndicat Autonome des Magistrats du Tchad (SYAMAT).
Tout commence il y a quelques jours, lorsque des propos prêtés au membre du gouvernement suscitent l’indignation au sein de la profession. Les magistrats dénoncent alors des déclarations jugées inappropriées et déposent plainte. Mais sous la pression des plus hautes autorités, le ton est rapidement retombé.
Dans leur texte, les syndicats expliquent avoir pris en compte les observations formulées par le président de la République, garant de l’indépendance de la justice. Ils saluent également les excuses présentées par le Premier ministre, au nom de l’exécutif, ainsi que celles du ministre directement mis en cause.
Si l’affaire semble enterrée, les magistrats n’en restent pas moins vigilants. Ils appellent l’État à mieux protéger l’institution judiciaire contre les attaques verbales, notamment sur les réseaux sociaux, où certains juges sont régulièrement insultés ou menacés. Un phénomène que les syndicats jugent dangereux pour l’équilibre des pouvoirs.
Enfin, les deux organisations ont remercié l’ensemble des juges pour leur mobilisation et les ont invités à rester unis. Une sortie de crise qui préserve, pour l’instant, la fragile harmonie entre les différentes institutions de la République.
Adnely Carine
