
M. Ousmane Abderamana Djougourou, Contrôleur général de l’Autorité Indépendante de Lutte contre la Corruption (AILC), organisé une conférence-debat ce vendredi 5 juin 2026 à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA). Il a délivré un message sur la lutte contre la corruption, les défis de la gouvernance publique et les solutions envisageables pour un Tchad plus transparent.
Le modérateur de la session, Dr Youssouf Tom, a ouvert la rencontre en soulignant l’intégrité de M. Djougourou et en rappelant que la corruption, bien qu’ancienne, continue de déstabiliser les institutions du pays.
M. Ousmane Abderamane Djougourou a mis en lumière plusieurs causes profondes de la corruption :
–Faiblesse du système judiciaire : Impunité et lenteur des procédures.
–Déficit d’éducation civique : Normalisation de la corruption, avec des phrases comme « c’est comme ça que ça fonctionne ».
–Absence de digitalisation : Falsifications et disparition de dossiers.
–Faiblesse des institutions de contrôle : Manque de moyens et indépendance insuffisante.
–Instabilité politique : Nominations basées sur le clientélisme plutôt que sur le mérite.
–Pauvreté et précarité sociale : Contribuant à un climat où la corruption prospère.
–Dépendance aux ressources pétrolières : Concentration des richesses et opacité.
L’exposant a côté les conséquences majeures telles que :
Les conséquences de cette corruption sont nombreuses et alarmantes :
–Affaiblissement de l’État de droit : Les relations personnelles prennent le pas sur les lois.
–Destruction de la crédibilité des institutions : Une perte de confiance généralisée parmi les citoyens.
–Privation des services publics essentiels : Impacts sur l’éducation, la santé, et les infrastructures.
–Frein au développement économique : Fuite des investisseurs et augmentation du chômage.
Solutions pour une Bonne Gouvernance
Pour contrer ce fléau, le contrôleur Général de L’AILC a proposé plusieurs solutions :
–Formation d’administrateurs intègres : Promotion de l’intégrité et de la redevabilité.
–Transparence dans la gestion publique : Accès à l’information sur les budgets et les marchés.
–Digitalisation de l’administration : Favoriser les paiements électroniques et les plateformes numériques.
–Renforcement des institutions de contrôle : Assurer leur indépendance et leur efficacité.
–Protection des lanceurs d’alerte : Encourager la participation citoyenne dans la lutte contre la corruption.
M. Ousmane Abderamane Djougourou a également évoqué des exemples internationaux, comme le Rwanda et sa digitalisation, ou encore le Botswana, connu pour la gestion transparente de ses ressources minières. Ces expériences pourraient servir de modèle pour le Tchad.
En conclusion, l’intervenant a lancé un appel vibrant à la jeunesse, futurs cadres de l’administration, les exhortant à placer l’éthique, le mérite et la responsabilité au cœur de leurs actions pour bâtir un Tchad plus juste et prospère.
Cette conférence-débat a suscité des échanges animés et des questions pertinentes, soulignant l’importance cruciale de la lutte contre la corruption, perçue comme une priorité nationale.
Adnely Carine
