
Ahmat Haroun Larry, président du Groupe de réflexion sur l’avenir et concertation du Tchad (GRAC-TCHAD), défend publiquement le ministre des Finances Tahir Hamid Nguilin qui fait face à des critiques acerbes. Alors que des voix critiques, y compris au sein du gouvernement, accusent le ministre de bloquer les fonds, de violer la loi de finances et de ne pas avoir redressé l’économie, Larry monte au créneau avec des chiffres pour rétablir ce qu’il considère comme la vérité des faits.
« Lorsque Tahir Hamid Nguilin est nommé ministre des Finances en 2019, il ne prend pas les commandes d’une administration prospère », martèle Larry. Il rappelle que le pays sortait alors d’une crise de trésorerie aiguë, avec près de 800 milliards de FCFA de dettes contractées entre 2014 et 2017, et un taux de pression fiscale inférieur à 10 %.
Face aux détracteurs, Larry oppose un bilan chiffré sans appel. « Les recettes budgétaires sont passées d’environ 980 milliards de FCFA en 2019 à plus de 2 420 milliards de FCFA dans la loi de finances 2025 », souligne-t-il, avant d’ajouter : « Le Tchad figure aujourd’hui parmi les pays les moins endettés de la CEMAC, avec un ratio dette/PIB inférieur à 30 %. »
L’objecteur de conscience ne s’arrête pas là. Il interpelle directement les critiques : « Quel autre ministre des Finances est parvenu à faire passer les recettes budgétaires d’environ 980 milliards à plus de 2 400 milliards de FCFA en quelques années ? » Il s’étonne aussi de la confiance renouvelée des partenaires techniques et financiers : « Pourquoi le FMI, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement continuent-ils d’accompagner le Tchad si la gestion des finances publiques est aussi défaillante ? »
Larry concède que des défis demeurent, notamment la dépendance aux recettes pétrolières et les besoins sociaux colossaux. Mais il refuse l’amalgame. « L’histoire économique d’un pays ne s’écrit pas avec des slogans. Elle s’évalue à partir des faits, des chiffres et des résultats », conclut-il.
Pour le président du GRAC-TCHAD, le véritable débat n’est pas de nier les progrès accomplis, mais de transformer ces performances macroéconomiques en améliorations concrètes pour le quotidien des Tchadiens. Une mise au point qui replace Tahir Hamid Nguilin dans son contexte d’arrivée et rappelle que tout bilan se juge à l’aune de l’héritage reçu.
Sakhaïroune Ousmane Kikigne
