
Après les attaques sanglantes attribuées à Boko Haram dans la province du Lac les 5 et 6 mai 2026, ayant provoqué la mort de plusieurs soldats tchadiens, Mekila Elysée Assingar est sorti de son silence. Dans une adresse au président Mahamat Idriss Deby Itno, l’ancien cadre de la Commission nationale des droits de l’homme a formulé une série de recommandations pour faire face durablement à la menace terroriste.
Pour lui, la crise sécuritaire qui secoue le bassin du Lac-Tchad ne peut être résolue uniquement par les armes. Il estime que le terrorisme prospère sur la pauvreté, l’abandon des populations et le manque de perspectives offertes aux jeunes. À ses yeux, la réponse doit être à la fois militaire, sociale et politique.
Dans son analyse, Elysée Assingar appelle les autorités à renforcer la confiance entre l’État et les habitants de la région du Lac, considérés comme des alliés essentiels dans la lutte contre les groupes extrémistes. Il recommande également une meilleure coopération entre les pays voisins confrontés à la même menace, ainsi qu’un renforcement des capacités des forces armées à travers le renseignement et les nouvelles technologies.
L’ancien défenseur des droits humains insiste aussi sur la nécessité de combattre la corruption, qu’il considère comme un facteur d’affaiblissement de l’État. Il exhorte enfin les autorités tchadiennes à préserver les droits humains et à privilégier une stratégie de long terme fondée sur la justice, la stabilité et le développement.
Sakhaïroune Ousmane Kikigne
