
Selon un rapport publié le 10 juin par la Global Initiative Against Transnational Organised Crime (GI-TOC) , la République centrafricaine (RCA) est sous l’emprise d’une « gouvernance criminelle » où le groupe Wagner contrôle une grande partie de l’économie illicite. L’organisation, basée à Genève, estime que Wagner tire au moins 180 millions de dollars par an de l’or exploité illégalement, principalement de la mine industrielle de Ndassima, gérée par Midas Resources, une société écran du groupe russe.
Les co-rapporteurs Ruben de Koning et Nathalia Dukhan décrivent une « convergence entre les économies criminelles et le pouvoir politique ». Une partie de cet or serait évacuée par des avions militaires russes immatriculés en RCA, tandis que l’État centrafricain est « coopté » dans ce système. La GI-TOC souligne que la lutte contre les groupes armés en 2021 n’a pas démantelé les trafics, mais les a « reconfigurés » au profit d’un système hiérarchique où l’accès aux ressources dépend de la loyauté politique. Outre la Russie, des réseaux liés au Rwanda, à la Chine et aux Émirats arabes unis renforcent cet écosystème criminel transnational.
Sakhaïroune Ousmane Kikigne
